jeudi 23 août 2007

le clocher de Chanteuges

La cloche dans son clocher, tout en haut, au bout de l'échelle. C'est moi qui en ai la clé en ce moment. J'ai aussi la clé de l'église et celle de la chapelle, que j'ouvre et ferme soir et matin. A force, ça devient un peu chez moi:-). J'aime surtout le matin, marcher dans le soleil jusqu'à la proue de ce grand vaisseau de pierre ouvrir la grande porte à deux battants avec cette clé de fer que je dois tenir à deux mains pour la faite tourner dans la serrure…
Donc j'ai la clé du clocher : une clé moins énorme que celle de l’église, mais bien imposante quand même. Aussi quand Nanou vient sonner la cloche aux grandes occasions, il passe d'abord à la maison récupérer la clé et comme ça il prend un petit café.



Un dessin de l'abbaye, vue du nord, qui semble surgir du basalte comme ces créatures décrites par Pline l'ancien sur les falaises de Bretagne et qui, croyait-il, naissaient du rocher même lorsque les conditions atmosphériques étaient favorables. Il ajoutait : “ces animaux croissent très lentement mais il est possible parfois de les voir prendre vie.”

lundi 13 août 2007

l’été est pourri

l’été est pourri. Cela veut dire qu'il est rare, chiche, avare de sa chaleur. Mon premier été ici! Moi pour qui ce pays était le pays de l’été. Souvenir des bains dans l’Allier, enfant, les pierres chaudes sur lesquelles on s'allonge, l'odeur affolante des genêts.
Mais de temps en temps, comme aujourd'hui, il revient un petit peu d'été ; alors le criquet agite à nouveau ses élytres, le lézard revient sur la pierre et l'aigle blanc replane dans l'azur? Je m'assied sur le mur qui surplombe la callade, juste en face, celui sur lequel on peut appuyer son dos et les jambes étalées, avec une tasse de café, je capte quelques calories et je rêve…
Plus tard, je prendrais mon vélo, je grimperai en danseuse dans la chaleur et c'est alors l'été lui-même que j'empoignerai au guidon, avec son goût de sel, ses routes brûlantes, sa sueur aux yeux, ses éblouissements.

dimanche 12 août 2007

logo

Il y a déjà quelques jours que j'ai finalisé le le logo de la commune, qu'il a été validé par le conseil municipal, etc.
Un graphisme volontairement naïf, un peu dans le style des gravures sur bois, parce c'est un petit village (400 hab.) que les touristes visitent pour son abbaye du XIIe siècle. Il y aussi un Conservatoire national du Saumon sauvage, donc il fallait un saumon, ainsi que la rivière (en fait deux rivières, Chanteuges est installée sur un rocher de basalte qu'ont du contourner l’Allier et son affluent, la Desges) ; il fallait ausi un peu de nature et tout le monde aimait le nom Chanteuges écrit ainsi.


Mais au fait, je ne vous ai pas encore montré de photo du village :

lundi 30 juillet 2007

Cabane 2, à la Vialle de Chanteuges

Cette cabane est toute proche de la précédente ; elle est d'ailleurs l'œuvre du même constructeur…

J'incline à penser que, petit garçon, c'était déjà le roi des cabanes.
Très important : les pierres sur le toit, pour maintenir l'assemblage contre les assauts cinglants du vent du sud. (le dessin est orienté avec le sud en bas à droite)

mardi 10 juillet 2007

Comme un secret…

Je sais un chemin que j’aime parce qu’il est comme un secret.
Sur la rive droite de l’Allier. Pour parvenir au chemin il faut traverser trois champs. Dans chacun d’eux l’herbe haute du printemps avant la fauchaison rend la progression bien malcommode. On passe d’un champ à l’autre par un large trou de la haie. Parvenu dans le dernier champ, il est difficile de trouver le passage / le passage / je ne le trouve pas toujours : alors je me heurte à la muraille, je me griffe à l’épine noire avant de revenir sur mes pas : c’est d’abord un trou dans les buissons, puis il serpente dans l’herbe, plus sentier de bête que piste humaine. Ensuite dans la végétation touffue, profuse, il escalade le vieux mur des chambés à demi-éboulés, il est ce mur, le bord glissant de ce mur, ce témoin poignant d’un temps tellement révolu et pourtant si proche, à peine une vie d'homme… Puis il louvoie terriblement avant de monter sur la pierre, on se doute que c’est là le chemin, mais on en a qu’après la certitude, lorsque la piste se fait plus facile, qu’elle offre ce panorama sur la rivière, les grottes à main droite, toute la vallée ouverte. Ensuite, par un pierrier il faut redescendre, retrouver le bord de l’eau, entrer au pays des aulnes. Un pays obscur et végétal, une cathédrale verte sur de noirs piliers dans laquelle le pied retrouve sa commodité et par la sente devenue plate, écartant les fougères, respirant mille odeurs, on débouche à la ferme de Tatevin, où je relève la vierge tombée dans sa niche (victime de l’orage ?) sachant la dévotion qu’Alain, le moine, a pour elle. S’il n’a pas relevé lui-même la statuette, c’est qu’il n’est pas là, mais une jeune fille qui m’offre un verre d’eau.
Alors je repars par le même chemin.

J'aime ces cabanes de jardin, bricolées de matériaux récupérés. Les dessiner, bien assise au soleil, est un double plaisir : tant est à voir, les matières, les couleurs, brique, plastique, vieux bois, grillages…

Y serre t-on quelques outils, des plans de légumes, des cageots? je n'y suis jamais rentrée pour cet inventaire.

Mais je tiens, pour chaque cabane, à en dessiner le plan.
Celle-ci est au bout de son jardin et au bout du quartier de la Vialle, juste avant de descendre sur l'Allier par un chemin raide et caillouteux cerné par les murs qui closent les près de fauche et les vergers.