mardi 30 octobre 2012
dimanche 21 octobre 2012
Après-midi d'octobre : pont sur la Desges
Le vent d'autan amène une chaleur étrange, ses rafales sont moins insistantes en fond de vallée, à l'abri du pont ; la Desges charrie des feuilles mortes comme autant de radeaux d'or dans ses eaux couleur de thé.
De petites vallées bordant la Margeride : vers Pébrac
Puis j'ai reçu ce texte en commentaire :
Paysage
Il est d'une beauté grave, inquiétante. Je le traverse car je crains qu'il ne m'engouffre dans le destin de vieux bonhommes solitaires, habillés de velours.
Ils stationnent, guettant, au seuil d’amples maisons aux tuiles racornies, observant d'un œil noir les étrangers passant, d’un regard lointain.
Il y eut de grands âges où les pentes vivaient parcourues de charrois et d’amples chemineaux.
Les villages sont infimes, accrochés aux chemins s’en allant vers les cimes tremblants sous le soleil.
Une austère abbaye accroche le versant, une sorte de gardienne muraillée de silence. Ses jardinets sont morts, les appentis ruinés par les ronces malignes.
Elle me toise fantasque, moi qui vais sur sa route.
Tout à l’heure dans l’ombre, au fond d’une pâture j’écouterai les pierres qui roulent sous la Desge, cantique infatigable qui file vers la mer.
Sur les noirs horizons, je pressens le couchant dans un air immobile. Les choses s’engourdissent, sous les courbes de l’ombre les bêtes s’assoupissent.
Une nuit pastorale où tournent les étoiles, elles piquettent l’endroit de mille aventures.
L’univers se délie au sein d’une montagne en nourrissant les sources qui percolent les heures, et les hommes demeurent au châlit de l’enfer charpenté dans le bois de ces frustres essarts.
Un temps de mansuétude
Et le libre marcheur le dos contre la roche, s’assoupit d’un regard sous l’amble de la lune. Mais au fil des heures les rêves s’en viendront bercés d’acrimonies
Un calme monotone, les coqs incertains, au pressenti de l’aube, s’interpelleront alors en fines résonances rassemblant les vallées.
Et la nuit cristallise la quiétude des gens pour affronter le jour.
Viendront l’aube pérenne, la levée des brouillards et la course millénaire de l’ombre sur l’adret…
Tout a l’heure, dans la rosée du ciel je gravirai la pente qui mène aux en hauts, le chemin de l’estrade, la petite croix de fer qui scinde le chemin…
Je me disais toujours, quand mes parents vont mourir, irrémédiablement je commencerai moi aussi la course vers la vallée.
Ce vieux calvaire.
Combien de fois dans ces nuits orageuses qui canonnent les fonds, la foudre a voulu le terrasser ?
J’imagine l’éclair illuminer l’endroit éclatant de photons :
Un cliché de fureur écrêtant les pinèdes, les genêts éblouis, la striure de l’averse.
La pluie, la course des saisons…
Et ma vie qui s’écoule comme une poignée de sable.
Le rythme d’un prélude sous un grand ciel d’étiage, l’étale d’un instant à ourdir la suite.
Des fils qui s’échappent , le rire des enfants sur leurs petites jambes.
S’apercevoir alors des merveilles absurdes que furent nos minutes :
Ces anciennes images rangées dans un tiroir, ces captures fugaces aux couleurs abîmées
De petites vallées bordant la Margeride : vers Pébrac
Puis j'ai reçu ce texte en commentaire :
Paysage
Il est d'une beauté grave, inquiétante. Je le traverse car je crains qu'il ne m'engouffre dans le destin de vieux bonhommes solitaires, habillés de velours.
Ils stationnent, guettant, au seuil d’amples maisons aux tuiles racornies, observant d'un œil noir les étrangers passant, d’un regard lointain.
Il y eut de grands âges où les pentes vivaient parcourues de charrois et d’amples chemineaux.
Les villages sont infimes, accrochés aux chemins s’en allant vers les cimes tremblants sous le soleil.
Une austère abbaye accroche le versant, une sorte de gardienne muraillée de silence. Ses jardinets sont morts, les appentis ruinés par les ronces malignes.
Elle me toise fantasque, moi qui vais sur sa route.
Tout à l’heure dans l’ombre, au fond d’une pâture j’écouterai les pierres qui roulent sous la Desge, cantique infatigable qui file vers la mer.
Sur les noirs horizons, je pressens le couchant dans un air immobile. Les choses s’engourdissent, sous les courbes de l’ombre les bêtes s’assoupissent.
Une nuit pastorale où tournent les étoiles, elles piquettent l’endroit de mille aventures.
L’univers se délie au sein d’une montagne en nourrissant les sources qui percolent les heures, et les hommes demeurent au châlit de l’enfer charpenté dans le bois de ces frustres essarts.
Un temps de mansuétude
Et le libre marcheur le dos contre la roche, s’assoupit d’un regard sous l’amble de la lune. Mais au fil des heures les rêves s’en viendront bercés d’acrimonies
Un calme monotone, les coqs incertains, au pressenti de l’aube, s’interpelleront alors en fines résonances rassemblant les vallées.
Et la nuit cristallise la quiétude des gens pour affronter le jour.
Viendront l’aube pérenne, la levée des brouillards et la course millénaire de l’ombre sur l’adret…
Tout a l’heure, dans la rosée du ciel je gravirai la pente qui mène aux en hauts, le chemin de l’estrade, la petite croix de fer qui scinde le chemin…
Je me disais toujours, quand mes parents vont mourir, irrémédiablement je commencerai moi aussi la course vers la vallée.
Ce vieux calvaire.
Combien de fois dans ces nuits orageuses qui canonnent les fonds, la foudre a voulu le terrasser ?
J’imagine l’éclair illuminer l’endroit éclatant de photons :
Un cliché de fureur écrêtant les pinèdes, les genêts éblouis, la striure de l’averse.
La pluie, la course des saisons…
Et ma vie qui s’écoule comme une poignée de sable.
Le rythme d’un prélude sous un grand ciel d’étiage, l’étale d’un instant à ourdir la suite.
Des fils qui s’échappent , le rire des enfants sur leurs petites jambes.
S’apercevoir alors des merveilles absurdes que furent nos minutes :
Ces anciennes images rangées dans un tiroir, ces captures fugaces aux couleurs abîmées
vendredi 12 octobre 2012
lundi 8 octobre 2012
dimanche 23 septembre 2012
admonition*
"…de la main, il invite à regarder"
"Un des signes les plus puissants et les plus explicites que l'on rencontre dans la peinture classique ; précisément l'étude du geste-qui-désigne : l'index pointé.[…] Le geste de l'index était si remarquable, si chargé de sens pour Léonard qu'il est devenu avec lui une sorte de geste pur, appelant à l'attention devant le mystère. Ce qui le constituait en symbole théophanique."
André Chastel, le geste dans l'art
*de admoneo, "avertir"
"Un des signes les plus puissants et les plus explicites que l'on rencontre dans la peinture classique ; précisément l'étude du geste-qui-désigne : l'index pointé.[…] Le geste de l'index était si remarquable, si chargé de sens pour Léonard qu'il est devenu avec lui une sorte de geste pur, appelant à l'attention devant le mystère. Ce qui le constituait en symbole théophanique."
André Chastel, le geste dans l'art
*de admoneo, "avertir"
samedi 22 septembre 2012
L'Allier, cet après-midi, couleur d'encre.
aquarelle/crayon sur papier ancien, rehaut de gouache.
Où l'on voit la coulée magnifique, la grotte qui se cache en son centre, la plage où je me baigne l'été et dans l'eau noire, l'écume blanche du radier.
Hier au matin, c'est aussi là que j'ai vu le martin-pécheur : un éclat de turquoise et d'orange dans le soleil !
Où l'on voit la coulée magnifique, la grotte qui se cache en son centre, la plage où je me baigne l'été et dans l'eau noire, l'écume blanche du radier.
Hier au matin, c'est aussi là que j'ai vu le martin-pécheur : un éclat de turquoise et d'orange dans le soleil !
mercredi 12 septembre 2012
dimanche 9 septembre 2012
samedi 8 septembre 2012
lundi 13 août 2012
mardi 7 août 2012
dimanche 22 juillet 2012
lundi 9 juillet 2012
jeudi 21 juin 2012
mardi 1 mai 2012
lundi 23 avril 2012
Les cimaises ont été installées, les cadres accrochés, centaures et corbeaux (et les autres) sont en place pendant tout le mois de mai.
"Un jour de 2006, Véronique Béné s'installe dans la vallée du Haut Allier, sur les hauteurs de Chanteuges, à deux pas de l’abbaye. De ce promontoire de basalte, premières loges rêvées pour admirer la nature et ses métamorphoses, elle renoue avec le silence et une sorte de monde enfoui. Elle se souvient, « Tant d’émotions naissaient en moi pour ce territoire et ses phénomènes, ses crues, ses crépuscules, ses animaux… que, petit à petit, tout un imaginaire est réapparu, celui des contes de mon enfance, des légendes : de vieilles images archétypales qui traversent l’inconscient collectif. Ces dernières refaisaient surface comme si elles avaient toujours été là, au creux de cette vallée ».
Pour donner forme à ses émotions, Véronique, « ne se considérant pas comme artiste », se contente tout d’abord de dessiner au soleil. Puis des créatures naissent sous ses plumes, ses pastels, ses pinceaux. Un centaure à poitrine humaine et à tête de cheval, hommage à l’animal altier ; un homme sauvage couvert de peaux de bêtes ; des « dieux rouges », échos des légendes celtes, dont la tête est un crâne de cerf… En fait, c’est toute une mythologie qui se fait jour, celle qui manque à la beauté du territoire, lequel « semble dépourvu d’imaginaire » autre que celui de la sanglante épopée de la bête du Gévaudan." Catherine David
dimanche 15 avril 2012
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