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vendredi 20 février 2026

Pour Martin

 



 

Tu n’aimais pas tellement les vallées, mais tu aimais les TER, ces pointillés entêtés sur la carte de France ; alors tu as accepté de m’accompagner le long du Cévenol, de me donner ton texte pour ce livre en hommage dessiné que furent les « rêveries d’une promeneuse ferroviaire », rêveries de villages perchés, rêveries de fond de vallées. On a bu des coups chez Patty à Saint-Georges-d’Aurac, cet ancien marais devenu lieu ferroviaire. Le lieu : des années auparavant, tu m’avais fait découvrir la signification de ce mot, su le faire résonner à l’endroit où il prend place. Pour bien marquer le coup, nous étions face au plateau Ardéchois, ta fine silhouette de dessinait devant ce grand paysage. J’étais là à l’invitation de Sophie et toi tu demandais : « qu’est-ce qu’un lieu ? », cette question à laquelle tu réponds si bien dans les « lignes secondaires » : « le lieu est à l’espace ce que l’instant est à la durée, un moment particulier, un événement. De l’espace, il en est sa densification, son épaississement ». Tu m’as donné ce repère, j’ai découvert que nous avions les mêmes, « modestes buttes d’herbes et de pierres couronnées par quelques frênes », « vies infimes et dérisoires, mais glorieuses car uniques ». Tu as tenu ensuite à me faire découvrir la belle ligne de Translozérien qui relie Mende à la Bastide, la plus haute de France en service régulier. Régulier, faut le dire vite, car une partie de notre voyage s’est fait dans ma voiture, faute de trains en service à ce moment-là. Heureusement, j’ai refait le voyage et tes paroles m’ont accompagnée, en « passant de l’ombre à la lumière » au débouché du grand plateau enneigé. Nous étions ensemble à Mende, quand j’ai dessiné ce paysage, le dos quasiment appuyé au grand mur qui soulève la voie ferrée un peu au dessus de la ville.
Puis ta vie est devenue de moins en moins fluide, une sale maladie te tenait. La dernière fois que je t’ai vu, Martin, ton ordinateur était ouvert sur un petit bureau pour de nouveaux écrits, de nouvelles aventures ; ton aménité, ton enthousiasme semblaient inaltérables sous la fragilité des apparences.
Il reste tes articles, tes livres, dont le dernier que tu m’as dédié. Il reste cette amitié dont tu m’assurais et que tu donnais aussi aux lieux, aux montagnes et à toutes les vies minuscules qui les peuplent. De toute façon, certains êtres ne meurent jamais, il suffit de humer le vent des montagnes pour réentendre leur voix.

lundi 16 juin 2025




Quelques pas dans la forêt brune, juin 2025, monts du Forez.

mercredi 13 mars 2024

La Roche Servière, à Prades (43)


 Il a fait si beau aujourd'hui. Alors j'ai pris le vélo, filé à Prades et je me suis installée pendant une paire d'heures : peindre la Roche Servière, le flot d'une Allier boueuse et bruyante, le pont qui l'enjambe d'une seule arche fine comme une jambe de danseuse.

mardi 18 juillet 2023

Dans l'Allier






Tour des viaducs de la Bouble et de la Sioule.
Dessins in Situ sur papier ancien


dimanche 5 mars 2023

Mars : les vallées au soleil

 

Les dessins des beaux jours sont de retour. On les peint les yeux mi-clos, mains et visage caressés par le soleil, en cherchant de la lumière dans sa boîte d'aquarelle ou de gouache.

lundi 17 janvier 2022

Rails abandonnées dans la forêt vers Sembadel

Les journées ensoleillées offrent des moments de bonheur pur, quand, calée sur mon pliant, entourée de toute part par la fraicheur de la neige et la quiétude de la forêt, je laisse rouler mes pensées sur ces rails où les trains ne passent plus.

mercredi 17 juin 2020

Rêveries d'une promeneuse ferroviaire


Présentation des pages de mon album "Rêveries d'une promeneuse ferroviaire", consacré à la Ligne du Cévenol (Clermont-Nîmes) édité aux Editions de la Flandonnière en Mai 2020. Mes dessins sont accompagnés des textes de Martin de la Soudière et Pascal Desmichel. https://editionsdelaflandonniere.com

Une rase près de la Godivelle, avec grenouille rousse et plaque Michelin


jeudi 30 mai 2019

Vadrouille ferroviaire

La préparation de mon livre sur la ligne des Cévennes avance à grand pas. Ce début de semaine, nous étions trois paires d'yeux, trois regards différents et complices à la fois sur les lieux et les gens.


3 jours de vadrouille ferroviaire, afin de travailler textes et dessins pour le livre du Cévenol.

Martin de la Soudière, l'ethnologue, et Jocelyne Guillaud, cheminote et sociologue, m'ont accompagnée le long de la ligne, en travaux pour le moment. Le voyage, de Langeac à Chamborigaud, fut ponctué de rencontres avec les travailleurs du rail et aussi avec les étonnants paysages de la vallée, où Martin voit de vivants "cours de géographie".

Tant mieux, parce que Pascal Desmichel, le géographe, l'autre auteur des textes du livre, était absent (et excusé) pour cause de surveillance d'examen à son université.



Le drapeau rouge, planté à chaque passage à niveau : la ligne est en travaux jusqu'au 14 juin.
L'Allier, la ligne, au-dessus d 'Alleyras.

 Jocelyne Guillaud et Martin de la Soudière à la rencontre des travailleurs du rail, ici à Jonchères.
A Génolhac.

samedi 26 janvier 2019

Un lieu où trois voies se rencontrent

De Cécile Bonhommet, un texte que j'aime pour sa sensibilité à l'esprit des lieux et que j'ai recopié hier dans le carnet :

"Il est un lieu où trois voies se rencontrent.
A cet endroit précis, il y a la voie liquide.
Elle, la Desges, est née au pied du Montgrand, en Lozère, dont elle a gardé la sauvagerie.
Là, à cet endroit précis, elle est est déjà grossie de tous ses affluents aux noms chantants, tels le ruisseaux d'Auzenc, de Broussous, de Tombatou, de Broully, de Pratcros, ceux de Fongondy, Lestager, Chambonnet, et encore les ruisseaux de Plas, de Coustas, puis la Gourgueyre, et encore, le ruisseau de Lescoussousses, le ravin des Combes, les ruisseaux du Frau, ceux des Taillades, de Meyronne, le ravin de Combe Brunet, celui des Charbonnières, les ruisseaux de la Borie, Digons et celui de Pourcheresse.
Elle passe là, à cet endroit précis, peu avant de mêler ses eaux à celles de la grande rivière, l'Allier.
A cet endroit précis, il y a la voie routière.
Bitumée, elle s'écarte de la grand'route pour s'enfoncer vers des villages reculés ; elle semble aller à contre-courant, pour nous mener au bout du monde.
Là, à cet endroit précis, elle longe la rivière au plus près, semblant se fondre en elle, séparée d'elle juste par un muret
A cet endroit précis, la voie liquide et la voie solide sont enjambées par une arche de la voie ferrée qui semble être là, à cet endroit précis, pour les aider à rester ensemble, bien qu'à contre-sens, juste là.... là.... à cet endroit précis. Avant que chacune de ces voies aille là où elle doit aller."

lundi 15 octobre 2018

Viaducs en vadrouille le long de la ligne des cévennes

Le viaduc de Bouchatel, entre Luc et Langogne
le Viaduc du Monteil, à Saint Julien-des-Chazes
Le barrage et le viaduc de Rachas, sur le Chassezac