lundi 23 avril 2012



Les cimaises ont été installées, les cadres accrochés, centaures et corbeaux (et les autres) sont en place pendant tout le mois de mai.

"Un jour de 2006, Véronique Béné s'installe dans la vallée du Haut Allier, sur les hauteurs de Chanteuges, à deux pas de l’abbaye. De ce promontoire de basalte, premières loges rêvées pour admirer la nature et ses métamorphoses, elle renoue avec le silence et une sorte de monde enfoui. Elle se souvient, « Tant d’émotions naissaient en moi pour ce territoire et ses phénomènes, ses crues, ses crépuscules, ses animaux… que, petit à petit, tout un imaginaire est réapparu, celui des contes de mon enfance, des légendes : de vieilles images archétypales qui traversent l’inconscient collectif. Ces dernières refaisaient surface comme si elles avaient toujours été là, au creux de cette vallée ».
Pour donner forme à ses émotions, Véronique, « ne se considérant pas comme artiste », se contente tout d’abord de dessiner au soleil. Puis des créatures naissent sous ses plumes, ses pastels, ses pinceaux. Un centaure à poitrine humaine et à tête de cheval, hommage à l’animal altier ; un homme sauvage couvert de peaux de bêtes ; des « dieux rouges », échos des légendes celtes, dont la tête est un crâne de cerf… En fait, c’est toute une mythologie qui se fait jour, celle qui manque à la beauté du territoire, lequel « semble dépourvu d’imaginaire » autre que celui de la sanglante épopée de la bête du Gévaudan.
" Catherine David

mardi 10 avril 2012

Exposition à partir du 21 avril

J'expose quelques uns de mes dessins au Café Grenouille, 2 place de la Halle, à Langeac. Un vernissage est prévu, avec un pot offert. Ce sera donc à l'heure de l'apéro, samedi 21 avril !
Soyez tous les bienvenus!

dimanche 11 mars 2012

Une reprise des remontants de 2008 : http://verobene.blogspot.com/2008/12/les-remontants.html

Romance de la lune lune

Huye luna, luna, luna.
Si vinieran los gitanos,
harían con tu corazón
collares y anillos blancos.

Fuis lune lune lune
Si jamais viennent les gitans
il feront avec ton âme
des colliers d'argent des bijoux clinquants.

…Tu me reviens comme une chanson, Federico Garcia Lorca, chaque fois que la lune est pleine.
Huye luna, luna, luna.
Si vinieran los gitanos,
harían con tu corazón
collares y anillos blancos.

lundi 13 février 2012

lundi 6 février 2012

Au viaduc des Fades

Il y a longtemps que je n'ai revu le géant de fer et pierre. On le dit bien malade, son tablier bouffé par la rouille, là-haut, à 132 mètres au dessus de la Sioule.
Je plante là ma créature, passeur d'enfant, entre Drac des légendes et Christophore, corps de percheron et crinière romantique.

mardi 24 janvier 2012

La rando de nuit

Sous le signe de l'amitié et de l'imaginaire.

dimanche 22 janvier 2012

vendredi 13 janvier 2012

jeudi 12 janvier 2012

marche d'hiver

Quelques jours de marche depuis la Comté, puis le Livradois et le Forez, sous bruine ou grand soleil à travers bois et plateau, arpentant inlassablement cet espace de terre et de ciel qui a pour nom Massif Central…
Parfois le pas s'immobilise, pour un rapide dessin au détour d'une sente d'une route. C'est pour un visage, un paysage ou une lumière, peut-être une église, une fontaine.
C'est pour le bonheur assurément d'être là dans un présent parfait. Un présent fait d'air et de rencontres, de milles détails que l'œil caresse et déguste, gourmand.

Le visage des amis avec leur sourire, la feuille que la neige a saupoudré comme un sucre, la mousse des bois, les brumes. Et puis ce grand dévalement du paysage qui vous porte, par les monts, par les bois, par l'étoile qui s'allume au ciel, et tant d'espace surtout, tant d'espace partout tout autour de soi!




mardi 3 janvier 2012

La poésie pour seul viatique qui vaille…

«Les gens passent tous les jours dans des lieux qui se banalisent… ils ne les voient plus. La présence de mes images réactive les lieux, leur donne une étrangeté.»
Enerst Pignon Ernest (sur France-Culture, l'autre jour)

vendredi 30 décembre 2011

mercredi 28 décembre 2011

Le don du jaguar

Dans le "Cru et le cuit", Claude Lévi-Strauss décrit ce mythe des indiens d'Amazonie centrale qui fait du Jaguar celui qui donna le secret du feu à un tout jeune homme, qu'il découvre mourant de faim et de faiblesse dans la forêt. Ce jeune homme le transmettra ensuite à l'espèce humaine, avec la technique de la chasse (l'arc et les flèches).
Me souvenant de ce "don du jaguar", j'ai griffonné sur un vieux livre ce projet d'illustration : un arbre immense, le tout petit coin en bas à droite du dessin seulement éclairé par le brandon que l'animal tient dans sa gueule.


Jaguar aztèque.
Musée national d'Antropologie, Mexico City.
Par Rosemanios.








samedi 24 décembre 2011



L'Homme est-il un prédateur ou une proie?

Parfois je me demande si l'homme est vraiment au fond de son être le super-prédateur qu'il voudrait, jusqu'au délire comme l'ont posé en théorie toute puissante les Nazis et leurs «penseurs»… Est-ce que tout cet orgueil devant la nature n'est pas fait pour oublier qu'à l'origine, il fut une proie pour les bêtes mieux armées de dents et de muscles que lui-même.
Et si seul ce souvenir atroce expliquait sa peur constante, peur de manquer, peur d'être dépossédé, cette nécessité dans laquelle il est d'accumuler pour se rassurer sans cesse.
Un prédateur ne se soucie pas d'accumulation : il a faim il choisit une proie la dévore et puis s'endort… Mais l'homme vit dans cette inquiétude permanente, celle des proies, sans cesse aux aguets, peur d'être bouffé par : sa femme, les voisins, le patron le collègue l'étranger… Il est capable d'accumuler comme l'avare, mais aussi comme le très riche qui même prodigue, ne saurait consommer sa fortune, cette fortune qui fait des zéros sur des relevés de compte qu'il ne regarde plus.

“La Théorie des Transmissions Moïques pouvait s’organiser autour d’un ‘trauma’ infantile de l’espèce, d’une expérience primordiale réprimée ; les persécutions endurées par les premiers hominidés survivaient, enregistrées dans un fond latent de l’espèce ; ces expériences avaient influé sur l’évolution du cerveau et aussi sur l’agencement de la culture en tant que célébration du passage de la proie au prédateur (…) ; ce trauma originel – qui ne transformait pas les hommes en assassins, ainsi que le décrivait Freud dans Totem et Tabou, mais en victimes – expliquait la fascination des hommes à l’idée de devenir des prédateurs, leur instinct guerrier, leurs aptitudes à la violence.” Pola Oloixarac, “Les Théories sauvages”




Vertige basaltique 1

vendredi 23 décembre 2011

Traversée de l'Allier : dessin

Mine de plomb sur papier ancien, rehauts d'aquarelle et d'acrylique.
Le drapé s'inspire d'un tableau attribué à Jérôme Bosch. J'adore dessiner des drapés…

samedi 17 décembre 2011

Traversée de l'Allier en crue

Certaines icônes orientales représente Saint-Christophe comme un ogre à tête de chien.
«…le symbolisme chrétien de l'homme-chien canidé-cannibale qui ne sait qu'aboyer mais qui, par sa conversion, gagne une âme et parle soudain «en langue », est également présent dans les légendes de Reprobus-Christophe, de Saint-Barthélemy (évangélisateur de l'Arménie) et de Saint-Mercure; il répond aux conceptions qui voient généralement dans les canidés des êtres du passage, des gardiens de la porte, et des intermédiaires entre nature et culture. Particulièrement utiles pour penser l'animalité de l'homme, ce sont aussi d'enragés propagateurs du message divin.» dans son blog consacré à Saint-Christophe.
http://lereprouve.blogspot.com/

Un premier essai de couleurs en digital pour le célèbre passeur.

«Le sauvage portait l’enfant, qui souriait gracieusement. Cet être difforme paradait immobile, les pieds dans la rivière et les yeux traversés par une lumière bleue qui l’appelait. La forêt avait permis ce pacte de survivance. Il était temps que le conte commence. Mais avant il fallait en finir avec l’histoire ancienne.

Il était une fois parmi les arbres et les chants de la terre, un endroit que seuls les derniers souffles du vent traversent. On y entendait des larmes mais on aurait pu chercher une éternité avant de trouver les yeux qui les versaient. L’eau des roches échangeait avec la brume des noms d’oiseaux. C’était un endroit triste et calme, une parenthèse d’ombres, un berceau. Là vivait le sauvage parmi les papillons.

L’enfant marchait seul depuis toujours. Il inventait son chemin à chaque pas. Il avait arrêté d’attendre alors la route s’était offerte à lui, à la vie qui battait dans son ventre, à cette faim de tout qui lui faisait oublier l’absence.  Il n’avait pas mangé depuis longtemps ce qui ne le tourmentait guère car pour lui, la mort n’était pas haïssable.  Certains enfants sont des hommes libres.
Il avait quitté la terre des sapins dont les branches à serpents claquaient des dents sur son passage. Il n’y avait pas de mal à faire cela, ces arbres centenaires se méfiaient des humains et de leurs haches. Il arrivait  maintenant dans un monde de pierres douces et lisses, immenses et nues, ou grouillaient des petits insectes bleus qui sont, parait-il, les créateurs de l’univers. Ce sont les insectes eux-mêmes qui le disent et leurs mâchoires d’or ne mentent pas.  L’enfant les admira aussi longtemps qu’il put mais un cliquetis délicat lui fit tourner la tête. Une femme à la beauté transparente lui tendait la main. La peau de son visage avait la clarté des sources mais alors qu’il s’approchait d’elle, il découvrit que son corps était fait de verre, d’un verre si pur que le plus pur des cristal n’en égalait l’éclat. Alors qu’il s’étonnait de cette main tendue, il avança très prudemment la sienne. Au moment où ils se touchèrent, il se trouva violemment englouti par un tourbillon d’eau glacée.
Son corps dérivait, tournoyait et des vagues immense le cernaient. Il s’efforçait de garder son calme et la tête hors des flots qui l’emportait sans qu’il ne puisse rien faire. Le froid commençait à mordre cruellement sa chair. Il en accepta le terrible augure.
C’est alors que les nuages se dispersèrent en milliers de papillons blancs qui vinrent se poser sur ses cheveux. Il s’envola ainsi hors du typhon et la femme de verre reprit sa forme séduisante. Dans le fond de son âme, elle pleura longtemps ce corps perdu mais elle attend toujours d’autres enfants pour s’en nourrir.
Le voyage dans le ciel dura si longtemps que l’enfant s’endormit, las des splendeurs du monde.

Il se réveilla dans le gîte du sauvage qui était assis sur un fauteuil aux barreaux de nuit. Sa maison n’avait un toit que les jours de pluie. Les papillons blancs dont le sauvage était le maître, se posaient sur les murs et écartaient leurs ailes de soie. Il y avait sur la table des pommes dorées qui attendaient malignement.  Il en prit une, la goûta et n’y devinant pas de trace de poison, il les engloutit toutes sauf une qu’il garda dans la main et de son autre main, il bénit le monde. Le sauvage le laissa faire.

Ils se regardèrent ainsi longtemps. Ils éprouvaient l’un pour l’autre le silence. L’enfant ne parlait pas et le sauvage ne savait que dire. Un chat entra puis après un instant de doute,  sortit. D’un regard, ils décidèrent qu’ils feraient la route ensemble. Le sauvage se leva, prit l’enfant dans ses bras et le jucha sur ses épaules de géant pour traverser la rivière. Quelques papillons virevoltaient.

Ce que j’ai vu, je ne le répèterai à personne. Imaginez ! On ne me croirait pas… Le sauvage portait l’enfant, qui souriait gracieusement.»
Texte de Thian