dimanche 27 juillet 2008

L'église Saint-André de Prades (II)

Le pont du moulin de Saint-Arcons



Juste à côté, imaginez un beau pré sur lequel on a dressé des tables, versé du vin dans les verres et quatre musiciennes jouent et chantent. Et puis la Fioule roule ses eaux, ses ors et ses joyaux, et cent mille verts scintillent sous le grand ciel lavé de la veille. C'est un dimanche d'été, c'est en Haute-Loire et nulle part ailleurs.
Plaisirs agrestes, joies de village, accolé à ses voisins, les fesses calées sur le même banc, partageant la béatitude des panses pleines, de l'air léger, du grand espace du champ, de la fraîcheur de la rivière où l'on a calé les bouteilles de vin de Limagne entre deux cailloux.

Le lézard du jour…


…sur une porte, au Puy.
C'est un lézard très ancien, puisque j'ai peint ce lézard sur cette photo en 1987. Il est curieux, avec le recul, que ce soit précisément une photo prise au Puy-en-Velay, ville où j'allais peu souvent (j'étais alors étudiante aux Arts-Déco de Paris) et puis ce lézard vert, comme une prémonition de ce que serait un jour ma vie ici, en Haute-Loire…
En bref, j'ai toujours aimé les lézards!!!

mardi 24 juin 2008

samedi 24 mai 2008

vendredi 16 mai 2008

Rajouté quelques lignes d'un texte de Pierre Jourde à mon texte sur La Margeride

Chanteuges illustrée


C'est une visite de BQ qui m'aura permis d'ouvrir les yeux sur cette évidence de l'omniprésence du livre sur le site de l'Abbaye de Chanteuges. Pour preuve, n'ai-je pas profité de mon arrivée ici pour revendre ma télé et consacrer depuis mes soirées à des lectures près de la cheminée? Certes il n'y a pas vraiment de librairie à moins de 40 km à la ronde et je le déplore, mais pourtant, inexpliquablement, je me trouve sans cesse confrontée à des problèmes d'envahissement de livres qui explosent les étagères, se répandent sur les tables, montent aux étages et recouvrent peu à peu l'espace.


Ce moine, ce Saint Jérôme photographié par BQ himself, qu'il a nommé frère-au-livre, sculpté sur une stalle de l'église et qui tient sous son bras un livre, aurait du m'alerter, car sa discrétion même, sa position retirée à l'aile gauche de l'autel, sournoise, ne le rend que plus dangereux… Surtout qu'il a son pendant de l'autre coté de l'allée, un Saint-Pierre de même facture qui outre sa clé, tient à la main, bien évidemment, un livre. Celui-ci est un livre de compte, bien sûr, mais moi-même je ne fais rien d'autre que dessiner sur un livre de compte, un ancien registre de l'hôpital de Langeac de 1858.
Etait-ce pour
conjurer le sortilège des livres ou pour le sceller plus étroitement encore, je ne sais, mais celui que je tiens à considérer toujours comme un ami, s'emparant de mon livre-registre-carnet de dessin, ce livre-là que l'esprit des lieux m'a conduit à écrire moi-même ou plutôt à dessiner car je ne saurais guère écrire…, s'emparant donc de ce livre, dis-je, le posa derrière l'autel, sur un grand pupitre liturgique en chêne, là ou trône, habituellement, le Livre, rejoignant par là d'autres livres, nés il y a bien longtemps des circonvolutions de mon esprit et préfigurant ces liens entre le livre et l'Abbaye dans lesquelles je me trouve prise à présent, comme en une invisible toile d'araignée, mais est-ce que tel n'était pas mon destin, comme écrit mot pour mot dans un livre inconnu?




mardi 13 mai 2008

Le lézard du jour (II)…

…rejoint ici la longue cohorte des ecrabouillés, des amalgamés au bitume, des réduits à 2 dimensions : crapauds en rut, serpents et orvets se réchauffant à la route, chiens, chats et renards en maraude, martres et hulottes, lapins, souris, hérissons, oiseaux de toutes espèces, dont les tripes sanglantes, les poils et les plumes arrachées marquent le goudron par places. Est-ce ma condition de cycliste qui m'amène à cette compassion pour ces sinistrés-là du trafic auto, car si pour eux on ne s'écarte carrément jamais, pour le cycliste on ne s'écarte pas toujours et souvent même, argument suprême : «on ne l'a pas vu»,
c’est à dire qu'on a pas voulu voir
, pas plus que le mulot effaré, le flâneur à vélo, «segment de rien, une incarnation du zéro sur le gris de l'asphalte et qu'au cœur de ce rien se tient mon anéantissement probable, tout cela rend, à chaque sortie, l'irruption de la mort possible.[…] Parce qu'aujourd'hui, ce qui compte pour beaucoup, c'est la hâte, compulsive, pour rien, la vitesse pour se remplir et combler le vide.»
Agnès Dargent, "Echappée", chez Cheyne éditeur, 2000

vendredi 9 mai 2008

le vol du milan au dessus de l'Abbaye / dessin en cours

Les dégrilleurs hydrauliques sont conçus pour le nettoyage des grilles en amont des centrales hydroélectriques. Prévus pour un montage et un entretien hors d'eau, ils ne nécessitent pas la mise à sec du canal. En version mobile, la largeur à dégriller n'est pas limitée. Ils sont constitués d'un "pied" mécano-soudé, d'un "bras principal" et d'un "bras râteau" manoeuvrés par des vérins hydrauliques.
La version mobile se compose d'un chariot entrainé par un moteur hydraulique.

FONCTIONNEMENT :
Au repos les deux bras sont repliés. À la mise en service, le bras râteau se déplie, puis le bras principal descend jusqu'à ce que le râteau arrive au fond de la grille. Le râteau s'applique alors sur la grille et monte jusqu'au réceptacle à déchets.
Le dispositif de commande automatique est déclenché soit par une minuterie réglable déterminant la fréquence de fonctionnement, soit par un système détectant le colmatage des grilles. Chaque cycle peut aussi commander chaque mouvement désiré par l'intermédiaire d'une boite à boutons.

DISPOSITIF DE SÉCURITÉ :
La centrale hydraulique est protégée par les contrôleurs de niveau et de température ainsi que par un relais thermique pour le moteur pompe. Chaque défaut coupe l'alimentation électrique du dégrilleur jusqu'à l'intervention humaine. Tous ces défauts sont signalés par des signaux lumineux ou sonores, qui peuvent être transmis à distance. En cas de blocage, le dégrilleur se déplace à la station suivante. En version fixe, il s'arrête, sa remise en service nécessite une intervention humaine. Dans les deux cas, le blocage est signalé par un voyant.

lundi 28 avril 2008

Ce que Luc voit du train…


…et qu'il m'a envoyé en écho à mon petit diaporama…

Son site

dimanche 27 avril 2008

lundi 21 avril 2008


Ces images qu'on fait défiler par la vitre du train, un voyage de Paris à Langeac

samedi 19 avril 2008

Margeride

Par la vitre de la voiture, la Margeride, noyée de pluie. Cet espace existe, puisqu'on le parcourt… improbable territoire pourtant, grand navire échoué dans une anse du ciel, fait de milliards de brins d'herbe et de mousse, de millions de cailloux de granit remués un à un et dressés en mur pour séparer le tien du mien, distinguer chaque héritage, chaque parcelle, et puis centaines de croix taillées, amers du chemin et chemins qui vont à Compostelle. Milliers de mains qui remuèrent ces pierres, taillèrent ces croix et s'usèrent sur ce bout de terroir, à vouloir que cette terre et pas une autre leur donne ce que l'on nomme le pain quotidien, et ce n'était rien de plus, une survie dans la parenthèse qui t'envoie de la naissance à la mort, mais traçant le sillon maître bien comme le veut la pente, laissant pour mémoire ce pinceau de frênes bordant la pâture, cette rase où l'eau brille, faisant naître de leur peine dans "ces prés d'un drap égal sans fougère ni genêt"*, un peu de seigle, à peine d'orge, moins de froment. Et toutes ces nuits à recevoir les étoiles en pluie, les cieux immenses, le regard qui porte loin. Margeride on dit de toi que tu serais un désert, toi qui fut source d'hommes, toi dont les monuments portent tant de noms. Tous ceux-là qui furent, est-ce qu'ils crient encore dans ton ciel, des cris lumineux comme des champs d'étoiles ou bien des rumeurs dans le vent, masses de brumes accrochées à la dévalée des prés que le genêt envahit?

*Henri Pourrat

«Comme tout le monde, je me laisse aller à croire que ce pays a été vraiment lui-même dans le passé. Je dois m'avouer que c'est une illusion. En même temps que, de promenades en randonnées et de récits en rencontres, j'essayais de le trouver, d'en dresser la carte, j'avais toujours, même si je l'ignorais, déjà commencé à le perdre. Pourtant, lorsque j'y pense à présent, tout en me reprochant de tenir à un lieu, je finis par comprendre que se recueille encore là, peut-être cette bizarre qualité : le sentiment même de la perte, dans toute sa douloureuse intensité. Pays perdu, alors, parce qu'il demeure l'un des rares où l'on peut s'égarer, s'enfoncer dans des lieus sans direction et sans signification, des espaces de pure usure? Car ce n'est pas une mythique jeunesse que l'on cherche en lui, pas de fondations ni de rénovations. Pas la haute antiquité, non plus, la noble mémoire? Pas de grande histoire ici, de riche folklore, de gisement de contes. On sent partout la vieille lutte de l'homme contre la déperdition et la sauvagerie, si intime que les lutteurs sont devenus indistincts, doubles agrippés l'un à l'autre.»

Pierre Jourde, Pays perdu, L'esprit des péninsules, 2003