samedi 26 avril 2014
lundi 7 avril 2014
Volcans, le réveil ?
Illustration de couv pour un livre jeunesse (auteur Robert Goubet) : "le mystère des pierres folles".
Et paf, on réveille le volcans!
Au même moment où, ironie du sort, je parcours les Dômes pour un cahier de croquis dans Massif central Magazine…
Encre noire puis
colorisation sous Photoshop
Et paf, on réveille le volcans!
Au même moment où, ironie du sort, je parcours les Dômes pour un cahier de croquis dans Massif central Magazine…
Encre noire puis
colorisation sous Photoshop
lundi 24 février 2014
Chemins perdus
Il est surprenant de voir comment, surtout après un hiver et un printemps pluvieux, un sentier peut être détruit par la pratique du moto-cross.
Je pense en écrivant cela, à cette sente assez rude, qui, depuis l'arrière de la gare de Chanteuges, monte vers la Combe et Chirac. Les pierres jadis soigneusement disposées pour former un sentier, gisent à présent ça et là, retournées, comme disloquées par l'incessant labourage des pneus crantés. Le long serpent du chemin, avec ses écailles de pierre polie - que l'on devine encore par rares places - est devenu cette ravine bourbeuse qu'affectionnent les motards si j'en crois la physionomie de leurs circuits de compétition.
J'imagine les mains des pères, aidés du cantonnier, qui ont peut-être bâti ce chemin pour que les écoliers du hameau trouvent un appui plus sur par les soirs d'hiver, pour qu'ils arrivent à l'école avec des sabots moins crottés ? Mais il y a bien longtemps que les écoliers ne passent plus par là, quant aux randonneurs, on les a détournés sur d'autres voies balisées. Donc le chemin, de fait, est désormais dédié au seul usage des motos ravageuses. Ailleurs ce seront des 4x4 ou des quads qui se chargeront de la destruction.
La campagne devient ce monde où le chemin du marcheur ne survit que balisé, emprunté par des caravanes de randonneurs, devenu enjeu économique comme le "Saint-Jacques", le "Stevenson". Sinon, l'amateur de sport mécanique le transforme en bourbier impraticable ou bien le paysan en fait un roncier, une décharge, lorsqu'il ne l'inclut pas tout bonnement à son labour. Ne menant plus nulle part, le chemin se heurte à une clôture, ou disparait sous la végétation.
Pourtant que ces anciens chemins étaient signifiants! ils savaient épouser la pente la plus commode, embrasser un paysage, mener le plus rapidement d'un hameau à un village, relier l'abbaye à ses fermes.
Si nos édiles actuels ont admis que le lavoir, la croix, le puits doivent être sauvegardés, il n'en va pas de même pour le chemin qu'ils empruntent rarement - pour ne pas dire jamais - et qui pourtant donne tout son sens à ces petits amers du paysage. Mais le chemin est passage et nous voilà dans le monde du fugace, du subjectif. De plein pied dans une histoire non codifiée, le récit toujours à réécrire du trivial procédé qui consiste à se déplacer sur ses deux jambes, parfois accompagné d'une bête, d'un modeste charroi ou bien seulement de son rêve, mêlé à la poussière du monde, comme le poète et le vagabond.
Je pense en écrivant cela, à cette sente assez rude, qui, depuis l'arrière de la gare de Chanteuges, monte vers la Combe et Chirac. Les pierres jadis soigneusement disposées pour former un sentier, gisent à présent ça et là, retournées, comme disloquées par l'incessant labourage des pneus crantés. Le long serpent du chemin, avec ses écailles de pierre polie - que l'on devine encore par rares places - est devenu cette ravine bourbeuse qu'affectionnent les motards si j'en crois la physionomie de leurs circuits de compétition.
J'imagine les mains des pères, aidés du cantonnier, qui ont peut-être bâti ce chemin pour que les écoliers du hameau trouvent un appui plus sur par les soirs d'hiver, pour qu'ils arrivent à l'école avec des sabots moins crottés ? Mais il y a bien longtemps que les écoliers ne passent plus par là, quant aux randonneurs, on les a détournés sur d'autres voies balisées. Donc le chemin, de fait, est désormais dédié au seul usage des motos ravageuses. Ailleurs ce seront des 4x4 ou des quads qui se chargeront de la destruction.
La campagne devient ce monde où le chemin du marcheur ne survit que balisé, emprunté par des caravanes de randonneurs, devenu enjeu économique comme le "Saint-Jacques", le "Stevenson". Sinon, l'amateur de sport mécanique le transforme en bourbier impraticable ou bien le paysan en fait un roncier, une décharge, lorsqu'il ne l'inclut pas tout bonnement à son labour. Ne menant plus nulle part, le chemin se heurte à une clôture, ou disparait sous la végétation.
Pourtant que ces anciens chemins étaient signifiants! ils savaient épouser la pente la plus commode, embrasser un paysage, mener le plus rapidement d'un hameau à un village, relier l'abbaye à ses fermes.
Si nos édiles actuels ont admis que le lavoir, la croix, le puits doivent être sauvegardés, il n'en va pas de même pour le chemin qu'ils empruntent rarement - pour ne pas dire jamais - et qui pourtant donne tout son sens à ces petits amers du paysage. Mais le chemin est passage et nous voilà dans le monde du fugace, du subjectif. De plein pied dans une histoire non codifiée, le récit toujours à réécrire du trivial procédé qui consiste à se déplacer sur ses deux jambes, parfois accompagné d'une bête, d'un modeste charroi ou bien seulement de son rêve, mêlé à la poussière du monde, comme le poète et le vagabond.
lundi 17 février 2014
Chanteuges : le béal au bord de l'Allier
Dessin méditation
Présent parfait
de la main au papier
du papier à toutes ces choses vivantes sous l'éclat du soleil
Présent parfait
de la main au papier
du papier à toutes ces choses vivantes sous l'éclat du soleil
mardi 28 janvier 2014
mercredi 25 décembre 2013
lundi 23 décembre 2013
jeudi 5 décembre 2013
vendredi 29 novembre 2013
Dans les salles du Musée Lecoq (à Clermont-Ferrand)
Les cadavres empaillés livrent au dessinateur leurs moindres détails. Le musée reste un excellent exercice de saison froide!
vendredi 15 novembre 2013
dimanche 27 octobre 2013
samedi 26 octobre 2013
vendredi 25 octobre 2013
Le chemin de Régordane
Le muletier de Régordane avec sa couble de mules est arrivé jusqu'à Langeac.C'est ce que je me promettais il y a bien 3 années déjà : http://verobene.blogspot.fr/2010/08/le-chemin-de-regordane-bien-apres-son.html
samedi 19 octobre 2013
Esprit des lieux, es-tu là?
C’est un lieu achevé et pourtant en attente... Un théorème de pierre et d’eau, entre la rivière mouvante et la roche attentive. La roche est noire, striée de roux, la rivière a des éclats d’or. La rivière lèche la roche, se love et tressaille. Un trait turquoise parfois jaillit au-dessus de l'eau, c’est un martin-pêcheur.
Une avalanche de basalte venue du volcan rencontra la rivière il y a maintenant un million six cent mille ans et elles s’unirent en cette caresse que berce continûment le chant du radier.
Et c’est là, à quelques encablures de l’abri du passeur, que le grand sauvage traversa la rivière un jour de crue avec un enfant sur l’épaule et s’aidant d’un bâton. Il passa les troncs noyés des aulnes, il passa le flot boueux, il prit pied sur la roche, il déposa l’enfant et l’enfant bénit de sa main levée. Puis le monde reprit sa ronde tournante, qu’il avait suspendu un instant pour cette épiphanie. La crue de novembre fut bue lentement par les champs et les fossés, et passèrent l’hiver et le printemps, puis vint l’été.
À la saison d’été les baigneurs arrivent en famille dès le matin depuis Chanteuges ou Langeac. Passent des canoës aux couleurs criardes. Les adolescents se jettent le défi de sauter du haut de la pierre noire dans la rivière. Les adultes restent assis sur les galets, profitant du plaisir simple de recevoir la chaleur du soleil, l’alternant avec la fraîcheur de l’Allier et regardent leurs enfants jouer en s’éclaboussant, faire des pâtés de sable ou entasser des cailloux. Parfois ces cailloux, lancés par une main sûre, font de longs ricochets à la surface de l’eau. Les pêcheurs en fin de journée s’installent au milieu du flot pour le «coup du soir» jusqu’à ce que la nuit vienne napper de sombre ce coin du monde et que le cri de la hulotte retentisse dans la forêt.
Certaines nuits très étoilées, le souvenir du grand sauvage à tête de chien reflue sur la rive, comme une passerelle jetée sur l’abîme du temps. Des épousailles furtives de l’antique géologie et de la légende nait cette ponctuation de l’espace qu’est le lieu, l’endroit où cela a eu lieu, le lieu de l’apparition.
Le lieu, écrit Martin de la Soudière (in lignes secondaires / Créaphis), «est à l’étendue ce que l’instant est à la durée». Dans cette intensité spatio-temporelle, le temps peut s’abolir, le monstre mythologique prendre place dans le paysage, le métamorphosant alors en une porte vers d’autres espaces, ceux de l’imaginaire et même d’“échelle vers le ciel», arbre cosmique, qui, comme chacun sait, est toujours planté au centre du monde.
Le lieu est donc un endroit où le temps s’abolit, un endroit qui est aussi un envers, un «revers du monde». Portail spatio-temporel, comme une pincée du temps mythique déposé sur la géographie, il fait raccord avec d’autres lieux, d’autres histoires et nous ramène aux origines, in illo tempore.
Une avalanche de basalte venue du volcan rencontra la rivière il y a maintenant un million six cent mille ans et elles s’unirent en cette caresse que berce continûment le chant du radier.
Et c’est là, à quelques encablures de l’abri du passeur, que le grand sauvage traversa la rivière un jour de crue avec un enfant sur l’épaule et s’aidant d’un bâton. Il passa les troncs noyés des aulnes, il passa le flot boueux, il prit pied sur la roche, il déposa l’enfant et l’enfant bénit de sa main levée. Puis le monde reprit sa ronde tournante, qu’il avait suspendu un instant pour cette épiphanie. La crue de novembre fut bue lentement par les champs et les fossés, et passèrent l’hiver et le printemps, puis vint l’été.
À la saison d’été les baigneurs arrivent en famille dès le matin depuis Chanteuges ou Langeac. Passent des canoës aux couleurs criardes. Les adolescents se jettent le défi de sauter du haut de la pierre noire dans la rivière. Les adultes restent assis sur les galets, profitant du plaisir simple de recevoir la chaleur du soleil, l’alternant avec la fraîcheur de l’Allier et regardent leurs enfants jouer en s’éclaboussant, faire des pâtés de sable ou entasser des cailloux. Parfois ces cailloux, lancés par une main sûre, font de longs ricochets à la surface de l’eau. Les pêcheurs en fin de journée s’installent au milieu du flot pour le «coup du soir» jusqu’à ce que la nuit vienne napper de sombre ce coin du monde et que le cri de la hulotte retentisse dans la forêt.
Certaines nuits très étoilées, le souvenir du grand sauvage à tête de chien reflue sur la rive, comme une passerelle jetée sur l’abîme du temps. Des épousailles furtives de l’antique géologie et de la légende nait cette ponctuation de l’espace qu’est le lieu, l’endroit où cela a eu lieu, le lieu de l’apparition.
Le lieu, écrit Martin de la Soudière (in lignes secondaires / Créaphis), «est à l’étendue ce que l’instant est à la durée». Dans cette intensité spatio-temporelle, le temps peut s’abolir, le monstre mythologique prendre place dans le paysage, le métamorphosant alors en une porte vers d’autres espaces, ceux de l’imaginaire et même d’“échelle vers le ciel», arbre cosmique, qui, comme chacun sait, est toujours planté au centre du monde.
Le lieu est donc un endroit où le temps s’abolit, un endroit qui est aussi un envers, un «revers du monde». Portail spatio-temporel, comme une pincée du temps mythique déposé sur la géographie, il fait raccord avec d’autres lieux, d’autres histoires et nous ramène aux origines, in illo tempore.
lundi 7 octobre 2013
Avec les talents conjugués de cathy David et THian pour le texte, la forêt merveilleuse est devenu un livre
"Dans les vieux royaumes de l’imaginaire, le conte
a son foyer. À la lueur des flammes, devant sa cheminée, depuis un fauteuil douillet et profond, il s’adresse aux enfants que nous sommes.
D’une voix tremblante, il redit des histoires sans rides, vieilles comme les astres. Le jeune chevalier tournant le dos au malheur, les ombres et les phosphorescences de la forêt originelle, les cris des bêtes, la peau épaisse du dragon, la quête sans fin, les présages...
Dix sept dessins originaux illustrent ce reflux d’une mémoire d’enfance, pour que tout recommence enfin : le conte et ses cortèges de souvenirs sans âge."
Il est imprimé, sur un joli papier recyclé mat, contient 32 pages de textes et d'illustrations et je l'ai présenté à Prades avec Cathy ce we !
Il est en vente au prix de 10 €. Vous pouvez le trouver au café Grenouille à Langeac, à la librairie Merligane au Puy-en-Velay, à la Maison Vieille, à Rosières.
a son foyer. À la lueur des flammes, devant sa cheminée, depuis un fauteuil douillet et profond, il s’adresse aux enfants que nous sommes.
D’une voix tremblante, il redit des histoires sans rides, vieilles comme les astres. Le jeune chevalier tournant le dos au malheur, les ombres et les phosphorescences de la forêt originelle, les cris des bêtes, la peau épaisse du dragon, la quête sans fin, les présages...
Dix sept dessins originaux illustrent ce reflux d’une mémoire d’enfance, pour que tout recommence enfin : le conte et ses cortèges de souvenirs sans âge."
Il est imprimé, sur un joli papier recyclé mat, contient 32 pages de textes et d'illustrations et je l'ai présenté à Prades avec Cathy ce we !
Il est en vente au prix de 10 €. Vous pouvez le trouver au café Grenouille à Langeac, à la librairie Merligane au Puy-en-Velay, à la Maison Vieille, à Rosières.
lundi 30 septembre 2013
jeudi 19 septembre 2013
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